LaraMag - Système d'actualités / Magazine Laravel Multilingue

collapse
...
Accueil / Diplomacy / Hongrie : Péter Magyar prend le pouvoir et met fin à 16 ans de règne de Viktor Orbán avec un programme de rupture et de retour vers l’UE

Hongrie : Péter Magyar prend le pouvoir et met fin à 16 ans de règne de Viktor Orbán avec un programme de rupture et de retour vers l’UE

mai 13, 2026  Elias Ntezimana  15 vues

Péter Magyar a prêté serment samedi 9 mai 2026 comme Premier ministre de la Hongrie, mettant fin à 16 années de pouvoir sans partage de Viktor Orbán. La cérémonie s’est tenue au Parlement de Budapest, devant des dizaines de milliers de personnes rassemblées dans une ambiance de liesse populaire et de symboles pro-européens.

Z

Le nouveau chef du gouvernement, 45 ans, a été élu par 140 voix pour, 54 contre et une abstention. Son parti Tisza détient 141 sièges sur 199 au Parlement, soit une majorité des deux tiers. Cette majorité lui permet de modifier la Constitution et de revenir sur plusieurs mesures controversées adoptées sous Orbán, notamment sur la justice et les médias.

La victoire de Tisza aux législatives du 12 avril 2026 a marqué un basculement inédit depuis 2010. Le parti a obtenu 53 % des voix, balayant le Fidesz de Viktor Orbán, absent de la séance d’investiture et qui a renoncé à son mandat de député. Dans son discours, Péter Magyar a déclaré : "Je ne régnerai pas sur la Hongrie, mais je servirai mon pays". Il a promis de "mettre fin à des décennies de dérive" et d’ouvrir "un nouveau chapitre de l’histoire de la Hongrie" en changeant non seulement de gouvernement, mais de système.

Le changement est immédiat sur le plan symbolique. Dès sa première décision, la nouvelle présidente du Parlement, Agnes Forsthoffer, issue de Tisza, a ordonné le retour du drapeau de l’Union européenne sur la façade du Parlement. Le drapeau européen en avait été retiré depuis plus de douze ans sous le gouvernement Orbán. L’investiture a eu lieu le 9 mai, jour de la fête de l’Europe, pour souligner le retour de Budapest dans le giron européen.

Péter Magyar, ancien proche du système Orbán devenu lanceur d’alerte, a bâti sa campagne sur la lutte contre la corruption et la restauration de l’État de droit. Il a annoncé la création d’un office indépendant chargé de "mettre au jour les abus commis" au cours des 20 dernières années et de récupérer les sommes détournées. Il vise directement le réseau de fondations et d’entreprises proches du Fidesz qui gèrent des universités, des médias et des fonds publics.

L’enjeu immédiat est économique. La Hongrie sort tout juste de la stagnation au premier trimestre 2026 et doit faire face à la flambée des coûts énergétiques liée aux tensions au Moyen-Orient. Le gouvernement Magyar doit aussi débloquer les milliards d’euros de fonds européens gelés par Bruxelles à cause des atteintes à l’État de droit sous Orbán. Les marchés ont salué l’alternance : le forint a touché son plus haut niveau depuis quatre ans face à l’euro.

Sur le plan politique, Viktor Orbán reste à la tête du Fidesz mais s’est retiré de la vie parlementaire. Il garde des prises de parole rares, sans autocritique. Un sondage Median publié début mai montre que 65 % des Hongrois souhaiteraient le voir traduit en justice. Plusieurs institutions proches du Fidesz ont déjà commencé à se réorganiser, comme la fondation contrôlant l’université d’art appliqué de Budapest qui a annoncé rétrocéder l’établissement à l’État fin avril.

La scène de l’investiture a donné le ton d’un "printemps démocratique" revendiqué par le nouveau pouvoir. Péter Magyar a dansé sur scène avec la foule, reprenant l’image du ministre de la Santé désigné Zsolt Hegedűs, devenu viral le soir des élections du 12 avril. "Bienvenue dans une Hongrie libre et démocratique", a lancé le Premier ministre, promettant une politique "belle, courageuse et honnête".

Pour Bruxelles, l’arrivée de Magyar ouvre une fenêtre de normalisation après des années de contentieux. Pour les Hongrois, elle marque la fin d’un cycle et le début d’une période incertaine, où la reconstruction des institutions et la gestion des fonds européens conditionneront la réussite du mandat.


Partager :

Votre expérience sur ce site sera améliorée en autorisant les cookies Politique des cookies