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Emmanuel Macron clôt le sommet "Africa Forward" à Nairobi avec 23 milliards d'euros d'investissements pour l'Afrique

Th05 12, 2026  Elias Ntezimana  27 lượt xem


Le président français Emmanuel Macron a clôturé mardi 12 mai 2026 à Nairobi le sommet "Africa Forward". Cet événement, organisé les 11 et 12 mai dans la capitale kenyane, marque la fin du cycle des grands rendez-vous africains initiés sous ses deux mandats. Pour la première fois, le format historique des sommets Afrique-France se tenait dans un pays anglophone, actant un changement de cap stratégique assumé par l’Élysée.

Le sommet a réuni plus de trente chefs d’État et de gouvernement africains ainsi que 1500 chefs d’entreprise venus du continent et de France. L’université de Nairobi a accueilli le "business forum" qui constituait le cœur de l’événement. L’objectif affiché par Paris était de diversifier ses partenariats économiques hors du cadre traditionnel des anciennes colonies francophones et de renforcer sa présence commerciale en Afrique de l’Est.

Emmanuel Macron a justifié ce choix dès son arrivée dimanche 10 mai lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue kenyan William Ruto. Il a déclaré ne plus vouloir que la France regarde l’Afrique comme un pré carré où les entreprises françaises auraient des contrats garantis. Il a rappelé que depuis 2017 et son discours de Ouagadougou, il avait annoncé la fin d’une politique africaine spécifique de la France.

La diplomatie française considère Nairobi comme le symbole de l’Afrique qui gagne. Le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud sont identifiés comme des terres d’innovation et d’opportunités économiques. Dans ces pays, la France se situe en deuxième division en termes de parts de marché et d’influence, loin derrière la Chine et les États-Unis. L’enjeu du sommet était donc de remporter des contrats et de gagner en influence dans des États sans passé colonial avec la France.

Lors d’une table ronde avec de jeunes entrepreneurs, Emmanuel Macron s’est exprimé aux côtés de William Ruto. Il a insisté sur la nécessité de construire une autonomie stratégique commune à l’Europe et à l’Afrique. Il a estimé que beaucoup de solutions technologiques et industrielles sont aujourd’hui conçues aux États-Unis ou en Chine. Il a appelé à bâtir ensemble cette autonomie pour être plus forts face aux autres puissances.

Le sommet a donné lieu à plusieurs annonces économiques majeures. Au total, 23 milliards d’euros d’investissements ont été mobilisés pour le continent africain. Emmanuel Macron a détaillé cette somme. 14 milliards d’euros proviennent d’entreprises françaises, allant des grands groupes aux ETI et PME. Ces investissements doivent générer plus de 250 000 emplois directs en France et en Afrique. Les 9 milliards d’euros restants correspondent à des investissements d’entrepreneurs et d’investisseurs africains sur le continent.

Parmi les entreprises françaises présentes figuraient TotalEnergies et Orange. L’homme le plus riche d’Afrique, l’industriel nigérian Aliko Dangote, participait également au sommet. Un des accords phares concerne le groupe de transport maritime français CMA CGM. Il s’est engagé à investir 700 millions d’euros pour moderniser un terminal du port kenyan de Mombasa. D’autres investissements ont été annoncés dans les domaines des énergies propres et de l’intelligence artificielle.

Ce premier sommet Afrique-France en terre anglophone intervient après une série de revers pour Paris en Afrique de l’Ouest. Plusieurs dirigeants francophones ont réduit leurs liens sécuritaires et commerciaux avec leur ancienne puissance coloniale. Le choix du Kenya traduit la volonté de tirer les conséquences de ces ruptures et d’ouvrir un nouveau chapitre des relations franco-africaines.

Sur le plan mémoriel, Emmanuel Macron a rappelé les actions entreprises depuis 2017. La France a reconnu certains des crimes commis dans ses anciennes colonies, notamment au Cameroun, au Sénégal et en Algérie. La loi-cadre facilitant la restitution des biens culturels pillés durant la colonisation a été adoptée quelques jours avant l’ouverture du sommet. Des objets ont déjà été restitués à leurs pays d’origine.

Le président français a également commenté la situation au Sahel. Il a estimé que l’actualité montre que la junte malienne n’a pas pris la meilleure décision en exigeant en 2022 le départ de l’armée française. Les troupes françaises combattaient alors les groupes djihadistes dans le cadre de l’opération Barkhane. Cette déclaration illustre la nouvelle posture de Paris, qui assume désormais la fin de ses interventions militaires directes sur le continent.

Pour clôturer le sommet, Emmanuel Macron a répondu aux questions de France 24, RFI et TV5MONDE depuis Nairobi. Cette interview conjointe a permis de dresser le bilan de dix années de relations entre la France et l’Afrique. Elle a aussi été l’occasion de présenter la nouvelle feuille de route française, centrée sur des partenariats d’égal à égal et sur le développement économique.

Le sommet "Africa Forward" remplace le label historique des sommets Afrique-France. Ce changement de nom accompagne un changement de méthode. L’Élysée veut mettre en avant des coopérations décomplexées, sans référence au passé colonial. Le Kenya, pays anglophone et puissance économique régionale, incarne cette nouvelle orientation. William Ruto est présenté par Paris comme un allié clé pour diversifier les relations sur le continent.

La présence de 1500 chefs d’entreprise témoigne de l’importance accordée au volet économique. Le business forum a permis à des milliers d’entreprises du continent et de l’Hexagone d’étendre leurs réseaux. L’objectif est de décrocher des contrats à plus ou moins long terme. Les secteurs ciblés incluent les infrastructures, l’énergie, le numérique et l’agriculture.

Emmanuel Macron a insisté sur le fait que la France ne cherche plus à imposer un modèle. Il a déclaré que le continent africain doit définir ses propres solutions. La France se positionne comme un partenaire parmi d’autres, dans un environnement concurrentiel marqué par la présence croissante de la Chine, de la Russie, de la Turquie et des pays du Golfe.

Le bilan des dix dernières années reste contrasté. Si des avancées ont eu lieu sur le plan mémoriel et culturel, les relations politiques avec plusieurs pays du Sahel se sont dégradées. Les coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont conduit au retrait des forces françaises. Le sommet de Nairobi acte donc une réorientation vers l’Afrique de l’Est et australe, jugée plus stable et plus porteuse économiquement.

Les 23 milliards d’euros annoncés constituent un signal politique fort. Ils visent à montrer que la France reste un investisseur majeur sur le continent malgré le recul de son influence diplomatique et militaire. La répartition entre investissements français et africains est présentée comme la preuve d’un partenariat équilibré. L’Élysée souligne que les projets financés bénéficieront autant aux économies africaines qu’à l’économie française.

La modernisation du port de Mombasa par CMA CGM illustre la stratégie française. Il s’agit de se positionner sur des infrastructures logistiques clés qui structurent le commerce régional. L’Afrique de l’Est est une porte d’entrée vers un marché de plusieurs centaines de millions de consommateurs. En investissant dans les ports, l’énergie et le numérique, Paris espère ancrer durablement ses entreprises.

Le sommet s’est déroulé dans un contexte international marqué par la recomposition des alliances. La guerre en Ukraine, la rivalité sino-américaine et les crises énergétiques poussent chaque puissance à sécuriser ses approvisionnements et ses débouchés. L’Afrique, avec sa croissance démographique et ses ressources, est au centre de ces enjeux. La France tente d’y défendre sa place avec une offre renouvelée.

William Ruto a salué l’organisation du sommet à Nairobi. Il a estimé que le Kenya peut jouer un rôle de pont entre l’Afrique anglophone et la France. Il a appelé à des investissements dans les énergies renouvelables, secteur où le Kenya dispose d’une expertise reconnue grâce à la géothermie et au solaire. Les discussions ont aussi porté sur le financement de l’adaptation au changement climatique.

Emmanuel Macron a quitté Nairobi mardi soir après deux jours de travaux. Ce déplacement était le dernier grand sommet africain de sa présidence. Il laisse à son successeur une relation franco-africaine profondément transformée, moins centrée sur les enjeux militaires et davantage tournée vers l’économie. Les prochains mois diront si les 23 milliards d’euros annoncés se traduiront en réalisations concrètes sur le terrain.

L’interview accordée à France 24, RFI et TV5MONDE a servi de conclusion médiatique à l’événement. Le président y a défendu son bilan et a réaffirmé que le temps du pré carré était révolu. Il a appelé les entreprises françaises à prendre plus de risques en Afrique et à affronter la concurrence internationale. Il a également souhaité que les jeunesses africaines et européennes construisent ensemble les solutions aux défis communs.

Le sommet "Africa Forward" restera comme le symbole de cette tentative de refondation. En choisissant un pays anglophone, en mettant en avant les acteurs économiques et en assumant la fin d’un cycle, Emmanuel Macron a voulu tourner la page des sommets Afrique-France traditionnels. La nouvelle approche française devra désormais faire ses preuves dans la durée, au-delà des annonces chiffrées faites à Nairobi.


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